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Médical & paramédical

Apprendre à communiquer

La communication est essentielle au bon développement de la personne et représente donc l’un des grands enjeux de l’orthophonie : permettre à la personne de communiquer, si ce n’est par le langage oral, par des moyens de communication alternatifs.

Certains patients ne parlent pas, et parfois ne parleront jamais ou très peu. Cela ne veut surtout pas dire qu’ils ne peuvent pas communiquer.

L’orthophonie permet de proposer à ces patients des outils de communication alternatifs. L’un des plus connus est le Makaton©, qui allie les signes, les pictogrammes et le langage oral. Il s’agit de signer les mots-clés de chaque phrase, sans la syntaxe, ce qui permet de les mettre en relief et de simplifier la compréhension ou l’expression pour le patient. Cela nécessite de la part des proches une certaine maitrise des signes, et une simplification et adaptation de leur langage, afin de permettre l’échange. De la même manière que tout enfant apprend à parler parce qu’il entend que l’on lui parle, un enfant présentant des troubles du langage utilisera les signes uniquement si l’on s’adresse à lui de cette manière. Ainsi, Bénédicte Ronssin, orthophoniste, raconte « C’est le cas notamment d’un de mes patients, qui ne parlait presque pas lorsqu’il était en famille, mais communiquait beaucoup avec moi, simplement parce que sa famille n’utilisait pas les signes alors que ces derniers lui permettaient de s’exprimer. » Rosalie Delille, également orthophoniste, témoigne de la même expérience vécue à plusieurs reprises : « Les parents sont parfois très surpris de voir l’enfant reproduire les signes que je lui montre, alors qu’eux-mêmes n’y ont pas recours. »

Il est essentiel de déployer des solutions alternatives pour la personne éprouvant des difficultés à communiquer, car une incapacité à communiquer peut entrainer un véritable manque de conscience des émotions, faute de pouvoir les exprimer, et des troubles du comportement. Un exemple parlant à ce sujet, est celui d’une jeune patiente, suspectée d’autisme parce qu’elle présentait des troubles du comportement : or, ces derniers étaient la conséquence d’une surdité qui n’avait jamais été détectée. Les troubles qu’elle développait étaient liés aux grandes difficultés de communication qu’elle rencontrait, faute d’outils adaptés à sa surdité.

L’autre aspect de ce programme Makaton© est l’utilisation des pictogrammes : la personne peut exprimer ce qu’elle souhaite en montrant ou donnant une image à son interlocuteur. Elle présente l’intérêt d’être accessible aux personnes ayant des troubles praxiques et donc des difficultés à signer, et d’être visuellement permanente ce qui peut aider la personne à retenir le propos. Pourtant, si la personne arrive à se faire comprendre, il n’est pas pour autant certain qu’elle ait le même niveau de compréhension lorsque l’on s’adresse à elle. Il arrive que des patients donnent l’illusion de comprendre ce qu’on leur dit, alors que ce n’est pas toujours le cas. Cela demande donc une attention toute particulière, et une simplification du langage de la part de l’entourage.

La continuité du travail à la maison

 

« Souvent, les parents de jeunes enfants demandent si leur enfant parlera un jour. Je leur réponds généralement que l’important est avant tout que leur enfant puisse communiquer : si ce n’est pas par le langage oral, ce sera autrement. » raconte Bénédicte. Beaucoup de familles concernées s’attristent qu’il n’y ait pas de médicament pour améliorer le langage. Certes, il n’existe pas un comprimé qui aurait un effet miraculaire, et il faut accepter le fait que les troubles du langage font partie de la déficience intellectuelle. Cependant, il existe des solutions d’amélioration qui font leurs preuves, telles que les moyens de communication alternative et augmentative (CAA), ou encore la rééducation. Toutefois, le premier « médicament » en orthophonie est l’entourage du patient qui le stimule par ses sollicitations. Le travail de l’orthophoniste est vain s’il n’a pas d’écho dans la vie quotidienne de la personne.

L’orthophonie à l’Institut Lejeune

Les consultations orthophoniques ne se font que sur prescription médicale : l’Institut ne déroge pas à cette règle. « Lorsque les patients rencontrent l’orthophoniste de l’Institut, c’est à la demande d’un médecin », explique Thérèse Balmitgère, orthophoniste à l’Institut. Ces consultations, d’en moyenne 1h30, s’organisent en trois temps : l’entretien, d’abord, au cours duquel l’orthophoniste pose des questions sur la vie du patient et ses habitudes, l’observation, ensuite, de la manière dont il joue, s’exprime, comprend, et enfin, un temps de conclusion et de préconisations, à l’intention des parents. Lorsque la famille a la chance d’avoir une orthophoniste en ville qui suive leur enfant, l’orthophoniste de l’Institut peut se mettre en lien avec cette dernière pour échanger et réfléchir ensemble. Des patients de tous âges sont reçus par l’orthophoniste de l’Institut car la prise en charge orthophonique peut commencer dès la naissance, par des massages ou des stimulations, qui peuvent aussi être pratiqués par les parents. Cela va favoriser le développement de l’enfant, pour le langage mais aussi pour la déglutition par exemple. Cependant, il n’est jamais trop tard pour commencer. « J’ai connu un patient d’une trentaine d’années qui bégayait beaucoup : en suivant du doigt les pictogrammes, il a pu gagner en intelligibilité. » raconte Bénédicte.

L’orthophonie est donc essentielle, de par sa dimension préventive des troubles du langage ou du comportement, ou encore sa capacité à améliorer la qualité de vie de la personne, à condition d’être basée sur une alliance entre le praticien et l’entourage qui accepte de poursuivre le travail à la maison.

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